Le marquage des bars

Cette page figure ici uniquement à titre informatif.
L’Opération de marquage est terminée depuis 2004

 

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Le marquage interpelle le curieux voire le naturaliste qui sommeille en tout pêcheur récréatif; il constitue à la fois la seule possibilité de savoir où sont les poissons quand nous ne pouvons que déplorer leur absence et un outil inestimable pour les chercheurs qui étudient les mystères de la migration des poissons et l'évolution de leur population. En cela il permet à deux mondes de se rencontrer et de collaborer.

Depuis la fin des années 80, on assiste à une pression croissante de l'exploitation commerciale du bar, pression accrue par l'adoption de techniques de pêche qu'on peut qualifier, pour éviter toute polémique inutile, d'«extrêmement efficaces».

Au milieu des années 90, constatant qu'ils ne capturaient plus de gros spécimen, certains pêcheurs (récréatifs et côtiers) sonnèrent l'alarme à propos de l'impact de ces techniques employées à grande échelle et par toujours à bon escient.

 

Les objectifs

Le projet « taggage » est un projet ambitieux qui s'attache aux axes suivants:

    • Localiser les zones de séjour estival des poissons qui fraient l'hiver dans la zone Ouest de la Manche afin de connaître le tribut réellement payé par chacune de ces zones aux chalutages hivernaux sur les frayères (puisqu'on sait que les bars reviennent toujours au même endroit l'été).
    • Améliorer les connaissances en matière de migration automnale depuis les « gardes mangers » qu'ils fréquentent l'été vers les zone de frai.
    • Tenter de mesurer l'éventuel impact des changements de température enregistrés depuis les années 80 sur les migrations saisonnières du bar
    • Associer dans un projet transnational, les pays bordant la Manche, l'atlantique nord et la Mer du Nord

L'étude

Pour atteindre ces objectifs il a fallu tout mettre en œuvre pour qu'un grand nombre de poissons soient taggés, que ce soit sur les frayères hivernales situées au large ou sur les zones de nourrissage estival que fréquentent les bars.

    • En mars 2000, 582 poissons (pesant entre 1 et 6 kg) ont été taggés par des chercheurs britanniques sur des bateaux écossais opérant sur la façade ouest du Royaume-Uni et l'IFREMER en a taggé 65 au nord de la Cornouaille et 122 sur la façade ouest du Royaume-Uni en opérant à partir de chalutiers français
    • Parallèlement, les pêcheurs récréatifs britanniques se sont vus confier la partie du projet concernant le marquage des poissons de 1 kg pris durant l'été sur le littoral. BASS, l'association britannique des pêcheurs récréatifs a formé des volontaires qui ont eux même formé des pêcheurs : Au total, les membres de BASS ont taggé 585 poissons durant l'année 2000.
    • En complément de l'action de BASS, certains pêcheurs professionnels et des charters de pêche ont participé à l'opération en marquant 216 poissons durant cette même année.

En quelques mois, ce sont donc près de 1 600 bars qui ont été marqués.

En 2001, les adhérents du CBE qui ont souhaité s'associer à l'opération ont pris en charge la pose de tags sur le littoral (essentiellement en Bretagne mais nous sommes prêts à encourager toute initiative venant d'une autre zone). Nous avons reçu une dotation de 600 tags que nous devons poser avant la fin de l'automne.

Cette opération mobilise un nombre important de personnes sur l'ensemble du littoral. Il s'agit, lors de la capture d'un bar de plus de 40 cm de lui poser une « antenne » de 2 mm de diamètre et d'une dizaine de cm de long en pratiquant une incision de quelques mm dans la couche superficielle de la peau à l'aide d'un scalpel, et de relâcher le poisson ainsi marqué.

La technique de pose utilisée est sans dégâts et sans douleurs pour le bar comme en atteste sa totale immobilité lors de la pose dès lors qu'on a pris la précaution de lui poser un chiffon saturé d'eau de mer sur la tête, ce qui a pour effet de l' «anesthésier» immédiatement et de garantir une remise à l'eau sans le moindre stress moins d'une minute après sa mise au sec.

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Les tags portent un numéro de série unique et des informations en français et en anglais sur ce qu'il convient de faire si on capture un poisson taggé (coordonnées de l'IFREMER et du CEFAS) La pose d'un tag génère une fiche de pose dont les données sont consignées dans une des bases d'informations (IFREMER en France, CEFAS au Royaume-Uni).

Lors de la recapture d'un poisson taggé, par rapprochement des données on peut donc reconstituer son itinéraire. On a ainsi eu la surprise de découvrir qu'un bar taggé en septembre à Jersey avait été repris 2 mois plus tard au large d'Arcachon, c'est à dire à l'envers de l'itinéraire qu'il aurait du emprunter pour remonter sur les frayères. Pourquoi ? C'est une des nombreuses énigmes que le marquage peut contribuer à résoudre, du moins l'espérons-nous.